De Zerbi, Rabiot, l’OM, son avenir : Jonathan Rowe vide son sac
Après une courte expérience du côté de l’Olympique de Marseille, Jonathan Rowe a rebondi à Bologne en Italie. Et on peut dire que ça va très bien pour lui.
Du terrain de foot au ring. Le 15 août dernier, le vestiaire visiteur du Stade Rennais s’est transformé en une arène de noble art. Jonathan Rowe et Adrien Rabiot ont participé à une session boxe après la défaite face aux Bretons (1-0). On n’a plus revu ni l’un, ni l’autre sous le maillot de l’Olympique de Marseille par la suite. Le Français a rejoint l’AC Milan, où il rayonne sous les ordres de Massimiliano Allegri. De son côté, l’Anglais a aussi été expédié en Italie. « Le Bologna FC 1909 annonce avoir acquis de manière définitive les droits sur les performances sportives de l’attaquant Jonathan Rowe de l’Olympique de Marseille. Jonathan sera le troisième Anglais de l’histoire du club », pouvait-on lire sur le communiqué publié le 24 août par l’écurie française.
Avec cette vente, les pensionnaires de l’Orange Vélodrome ont récupéré 19,5 M€. Ils ont aussi inclus un pourcentage de 10% sur une future revente. De son côté, le joueur de 22 ans a paraphé un contrat jusqu’en juin 2029 avec un salaire mensuel d’environ 160 000 euros. Installé depuis près de huit mois de l’autre côté des Alpes, l’Anglais n’a pas oublié Marseille. Interrogé par le Corriere della Sera, il a été questionné sur son expérience là-bas et ce qu’il en a retenu. « Ce n’était pas facile. Il y avait beaucoup de pression, interne et externe. Le moindre détail était amplifié. Puis De Zerbi a changé de formation, et ça ne m’a pas aidé. C’est grâce à lui que j’ai choisi Marseille : j’aime leur football, j’ai beaucoup appris, et je lui souhaite le meilleur à Tottenham. »
L’incident "Rowebiot"
Il est aussi revenu sur le fameux incident avec Rabiot. « Je ne lui en veux pas. On est adultes, parfois on se laisse emporter par l’émotion, alors on se serre la main et on passe à autre chose. C’est peut-être arrivé à d’autres, mais ça n’a pas été rendu public. Dans la vie, tout arrive pour une raison. » Pour Rowe, il était sûrement temps de quitter Marseille et de rejoindre Bologne. Un club où il a connu des premiers pas mitigés avant de reprendre du poil de la bête. En effet, il a alterné entre apparition sur le pré et passage sur le banc sans jouer durant la première partie de saison. Muet, il a mis fin à sa disette le 4 décembre dernier en marquant son premier but sous ses nouvelles couleurs face à Parme. Il a continué sur sa lancée en 2026.
Le natif de Londres a, effectivement, marqué 5 buts et délivré 4 passes décisives durant cette nouvelle année. Le dernier but est tout chaud puisqu’il date de dimanche. Il a été buteur lors de la victoire de son équipe face à Cremonese (2-1) en Serie A. Dans le détail, sur le dernier mois, il a marqué 3 buts et délivré 2 assists. Bref, rien ne semble résister à Rowe, qui boxe dans une autre catégorie depuis quelques semaines. « C’est le meilleur moment depuis mon arrivée à Bologne. Le meilleur moment de ma carrière reste ma dernière année à Norwich en Championship. J’ai beaucoup joué, j’ai marqué beaucoup de buts (12, ndlr), même des buts importants. » Le joueur savoure ce retour au premier plan après des premiers rounds difficiles à Bologne, où il jouait peu.
Sa renaissance en Italie
« Ce n’était pas facile de comprendre le style de jeu, et il a fallu un peu plus de temps à l’entraîneur pour m’intégrer pleinement à l’équipe. Je ne sais pas trop pourquoi. Peut-être qu’il avait vu quelque chose que je n’avais pas remarqué. Mais j’ai continué à travailler dur pour gagner ma place. Nous, les ailiers, sommes souvent remplacés, et nous devons essayer d’être décisifs le plus rapidement possible. Italiano et moi commençons à beaucoup mieux nous comprendre. Le temps favorise la complicité et une bonne relation. » Rowe a fait avec, lui qui a avoué être plus performant lorsqu’il est sous pression. « Certains de mes buts le prouvent. Dans les grands matches où il faut un but crucial ou une action spéciale, j’essaie de prendre les choses en main. Comme à Rome (match nul 1-1 en C3, ndlr). »
Confiant en lui, l’ancien de l’OM a toujours eu cela en lui depuis petit. « Je savais que je voulais être footballeur. Je ne saurais dire pourquoi, c’était juste mon intuition. J’ai compris très tôt que j’étais doué pour ce sport. J’étais prêt physiquement, rapide et athlétique (…). Dans le jardin de la maison où j’ai grandi, il y avait un petit trampoline. Quand je sautais dessus, je pouvais apercevoir l’arche légendaire (du stade) au-dessus. J’entendais les chants du public lors des grands matches. J’ai même eu l’honneur d’être la mascotte pour la première fois lors d’un match de l’Angleterre (février 2013, victoire 2-1 contre le Brésil, Rowe est entré en jeu en même temps que David Luiz). Je pense que tout cela m’a inspiré et a fait de moi le footballeur que je suis aujourd’hui. »
Un avenir en Angleterre
Les épreuves ont aussi fait de lui l’homme qu’il est à présent, lui qui a dû lutter contre le syndrome d’Osgood-Schlatter et des blessures à Norwich. « C’est normal. En grandissant, le corps change. On souffre de douleurs ligamentaires et articulaires. Le syndrome d’Osgood-Schlatter, qui touche le genou, est fréquent chez les jeunes footballeurs. Les blessures font partie intégrante du football, surtout aujourd’hui avec le nombre de matchs : les risques sont nombreux, notamment à cause de mon style de jeu, car je suis souvent taclé. Je travaille dur sur ma récupération et je prépare mon corps au mieux pour optimiser mon potentiel physique et être à 100 % pour chaque match (…). La vie n’est pas facile, mais face aux difficultés, il faut essayer de les surmonter. Heureusement, j’ai réussi à franchir plusieurs obstacles, sur et en dehors du terrain. Cela a forgé mon caractère et ma personnalité, et m’a poussé à m’améliorer chaque jour pour devenir un meilleur homme et un meilleur footballeur. »
Fan de Fernando Torres lorsqu’il était enfant, Rowe s’en est inspiré. « Au final, ce sont les petits détails qui font toute la différence. Ceux qui savent les peaufiner élèvent le niveau. Je ne voulais pas être le genre de joueur talentueux incapable de développer son potentiel. La peur de gâcher mes qualités m’a poussé à me donner à fond chaque jour, pour n’avoir aucun regret en repensant à ma carrière ou à ma vie. Je pense que ça se voit sur le terrain. Quant à mes relations avec mes coéquipiers, je remercie ma mère et ma famille, qui ont fait de moi ce que je suis. Je n’ai jamais eu peur de dire ce que je pensais, que ce soit pendant un match ou dans les vestiaires. J’ai toujours cherché à trouver un bon équilibre entre humilité en dehors du terrain et assurance sur le terrain. » Actuellement en Italie, il ne ferme pas la porte à un retour au pays. « C’est le meilleur championnat du monde. Faire mes débuts en 2021 a été un honneur et m’a donné envie de jouer beaucoup plus longtemps là-bas. On aspire toujours au plus haut niveau. Je ne sais pas quand, mais j’aimerais y rejouer un jour. » Le message est passé.
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