Ligue des Champions

Le Real Madrid est au cœur d’un nouveau scandale d’islamophobie en Espagne

Alors que la FIFA vient d’ouvrir une enquête après des chants racistes entendus lors du match Espagne-Égypte, une nouvelle polémique éclate déjà. Des supporters du Real Madrid ont repris le même chant islamophobe avant la rencontre face au Bayern Munich, ravivant les inquiétudes autour du racisme dans les stades espagnols.

Par Valentin Feuillette
4 min.

La polémique autour du racisme dans les stades espagnols continue de prendre de l’ampleur et place une nouvelle fois la FIFA dans une position délicate. Quelques heures seulement après l’ouverture d’une procédure disciplinaire visant la Fédération espagnole à la suite d’incidents lors du match amical entre l’Espagne et l’Égypte, un nouvel épisode est venu raviver les tensions. Cette fois, ce sont des supporters du Real Madrid qui se retrouvent au centre de la controverse. Sur les réseaux sociaux, une vidéo devenue virale montre un groupe de fans madrilènes reprendre le chant « qui ne saute pas est musulman », déjà entendu lors de la rencontre internationale disputée au RCDE Stadium de Barcelone. Les images ont été captées avant le quart de finale de Ligue des Champions entre le Real Madrid et le Bayern Munich, perdu (1-2) par les Merengues au Santiago Bernabéu.

La suite après cette publicité

Le timing de cet incident ne pouvait être plus embarrassant pour les instances espagnoles. Pour rappel, la FIFA a officiellement annoncé l’ouverture d’une enquête disciplinaire contre la Fédération espagnole de football après les chants racistes entendus lors du match Espagne-Égypte. L’arbitre de la rencontre avait mentionné ces faits dans son rapport officiel, déclenchant la saisine de la commission de discipline de l’instance mondiale. Les sanctions possibles restent limitées, mais symboliques, allant d’une amende à l’obligation de diffuser des messages antiracistes lors des prochaines rencontres. Avec un climat déjà brûlant sur le sujet où la lutte contre les discriminations constitue l’un des combats prioritaires de l’organisation dirigée par Gianni Infantino, la répétition d’incidents similaires sur le territoire espagnol alimente une inquiétude grandissante.

La suite après cette publicité

L’Espagne s’enfonce dans un problème systémique

Car ce nouvel épisode renforce l’impression d’un problème structurel dans les tribunes du football espagnol. Depuis plusieurs saisons, la Liga et les compétitions internationales disputées en Espagne sont régulièrement marquées par des insultes racistes ou des chants discriminatoires visant joueurs et communautés. Plusieurs stars du championnat ont été touchées par ces comportements, à l’image de Vinicius Jr, Ansu Fati ou encore Kylian Mbappé lors de déplacements tendus. Chaque affaire provoque une vague d’indignation et des condamnations publiques, mais les mesures prises sont souvent jugées insuffisantes par les observateurs internationaux, notamment les joueurs et les supporters. Le fait que ce chant ciblant la religion musulmane ait été repris par des supporters madrilènes, quelques jours seulement après le scandale initial à Barcelone, renforce l’idée que le phénomène dépasse largement un incident isolé, et devient un réel problème systémique. Plus largement d’ailleurs, les services de sécurité du stade Santiago Bernabéu ont eu du pain sur la planche, en adoptant une approche très stricte envers tous les supporters qui souhaitaient entrer dans l’enceinte madrilène hier avec une grosse hausse de faux-billets pour ce choc européen. Sans qu’il y ait eu de réels débordements violents, de petites échauffourées ont bien éclaté entre supporters bavarois et madrilènes.

«Cela arrive souvent, et j’espère que nous pourrons poursuivre ce combat. Il est important que Lamine Yamal prenne la parole, il peut aider les autres. Nous sommes célèbres, nous avons de l’argent, nous pouvons compenser ces différences, mais les pauvres souffrent bien plus que nous. Nous devons rester unis», avait d’ailleurs martelé Vinicius au sujet de Lamine Yamal. Cette situation devient d’autant plus sensible que l’Espagne se prépare à accueillir la Coupe du Monde 2030 aux côtés du Portugal et du Maroc. Pour la FIFA, qui souhaite faire de ce tournoi une vitrine de ses campagnes contre le racisme et les discriminations, la multiplication de polémiques dans l’un des pays hôtes fait grincer des dents. Plusieurs voix dans la presse espagnole s’inquiètent déjà de l’impact de ces incidents sur la crédibilité internationale du pays. Si les autorités sportives promettent d’identifier et de sanctionner les auteurs de ces chants, la répétition des affaires montre que le défi reste immense. À quatre ans du Mondial, l’Espagne sait désormais que chaque dérapage dans ses stades sera scruté de près par Zurich et pourrait peser lourd sur son image. D’ailleurs, en ce sens, le Real Madrid comme beaucoup d’autres clubs espagnols collaborent étroitement avec les autorités espagnoles comme en 2024 quand la Police Nationale espagnole avait identifié et arrêté trois personnes pour avoir proféré des insultes racistes en marge du Clasico.

La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Copié dans le presse-papier